mardi 25 août 2015

DropTask lance son Desktop pour Windows

C'est dans l'ère du temps : les éditeurs de logiciels en-ligne finissent toujours par proposer une version "hors-ligne", souvent appelée "desktop", pour les utilisateurs en mal de connexion Internet. En effet, rien de plus frustrant que de ne pas pouvoir utiliser son logiciel préféré faute de connexion ou, pire, en disposant d'une connexion publique capricieuse.
Prezi, Mindomo, Mindmeister : autant de logiciels qui ont passé ce cap fatidique.

Le dernier en date est Droptask avec cette version pour Windows. 
Pour rappel, Droptask est un excellent gestionnaire de tâches très visuel et parfaitement intuitif. Il est le fruit d'un travail très bien accompli par une équipe émanant d'iMindMap. Ce n'est pas un logiciel de Mind-Mapping, mais sa conception lui permet sans le moindre doute d'être intégré dans la catégorie des outils de "pensée visuelle" (j'aurais pu écrire Visual Thinking, mais j'ai déjà largement dépassé le quota de mots anglais !).
Si, parmi vous, certains ne le connaissent pas encore vous pouvez lire cet article que j'ai pu écrire à son sujet. Depuis, cet outil a un peu évolué, avec des fonctionnalités supplémentaires, mais l'essentiel est toujours d'actualité.

Alors, quoi de neuf ?
Ben rien...et c'est tant mieux ! la version desktop ne diffère en rien (ou presque) de la version en-ligne, pour preuve, ces copies d'écran :

La version en-ligne :


 Et sa soeur jumelle, la version hors-ligne :

Il manque seulement l'affichage des tâches sous forme de liste, accessible par ce bouton, dans la version en-ligne :


Donc, à un poil prêt, les repères sont exactement les mêmes, ainsi que l'affichage du détail de chacune des tâches :

En-ligne :


Hors ligne :



Ca synchronise !
la synchronisation, c'est quand même la raison d'être de ce genre de logiciel. Sur ce point, le pari est plutôt réussi. toutes les tâches créées de part ou d'autre sont automatiquement et rapidement synchronisées de manière transparente. Un peu trop peut-être. Un petit message du type "synchronisation réussie" aurait été le bienvenu, que ce soit sur la version en-ligne ou hors-ligne. Mais le boulot est fait, et c'est ce qui compte.

Ca roule au Microsoft
N'étant pas développeur , je ne porterai pas de jugement sur les outils utilisés en la matière. Mais dès l'installation, on sent qu'Internet Explorer est tapi dans l'ombre de ce logiciel. D'ailleurs, il suffit de visiter le répertoire d'installation pour en être convaincu :



Bien, pas bien : je resterai neutre...:-P

Beta = pas fini
Je ne l'ai pas précisé, mais cette version est une beta. J'ai pu constater quelques problèmes :
- la taille de la police de caractère de la description des tâches est assez imposante dès que sa description contient de nombreux mots
- l'historique des actions n'est pas visible.
- on peut également regretter qu'il n'y ait pas de menu classique qui permettrait d'accéder à certaines options s'intégrant réellement sur le poste (changer de modèle, enregistrer des versions intermédiaires de listes de tâches,...)
- quand le PC passe en mode veille prolongée,  le programme ne répond plus. J'ai du redémarrer mon PC à chaque fois. Plutôt gênant pour une appli qui doit rester constamment sous la main !

Au final, c'est convaincant
Simple et efficace, ce Desktop est une réussite, même s'il ne remplace pas totalement la version en-ligne, pour le moment en tout cas. Mais il fait parfaitement ce pour quoi il a été conçu : compléter, modifier un plan de tâches hors ligne pour le synchroniser par la suite.
Reste à savoir si cette application restera utilisable pour les utilisateurs du plan "gratuit" de Droptask. En effet, comme la plupart des logiciels en-ligne, il existe une version dite gratuite et limitée et une version payante par abonnement. Il vous en coutera 65 dollars (américains je présume) pour accéder au Graal : collaboratif sans limite, autant de projets qu'on souhaite, créer des liens entre des tâches (genre connecteurs entre les branches d'une Carte Heuristique),...La version gratuite est largement suffisante pour des besoins personnels. Espérons que la politique commerciale de Droptask ne réserve pas l'outil abouti à l'usage exclusif de ses abonnés.




mardi 2 juin 2015

Apprendre à apprendre d'André Giordan et Jérome Saltet

"Apprendre à apprendre" : voilà une discipline qui n'existe pas de manière formelle dans les cursus scolaires. Malheureusement, ce n'est pas une compétence innée. C'est pourquoi il existe aujourd'hui de nombreux ouvrages sur le sujet, voire même des formations pour "apprendre à apprendre". Quand on est parent d'enfants scolarisés, notamment, en collège et lycée, on constate rapidement les lacunes qu'ils peuvent avoir dans ce domaine. Le livre dont je vais parler ici est paru aux éditions Librio et coûtera la modique somme de...3€ ! Il renferme une quantité importante d'informations très précieuses.

Les chapitres introductifs sont consacrés à l'acte d'apprendre et la dynamisation de l'envie d'apprendre. Bien souvent, l'envie d'apprendre, pour un Collégien ou un Lycéen, se limite à l'obtention d'une note correcte et non d'acquérir des connaissances. Pourtant, en essayant de comprendre et de stimuler le désir d'apprendre, les connaissances s'acquièrent plus facilement et de manière durable. Comme l'indique le mathématicien Henri Poincaré (repris dans ce livre) : "on résout les problèmes qu'on se pose et non les problèmes qui se posent". Au delà d'une technique, l'acte d' "apprendre à apprendre" est avant tout une démarche globale : comprendre, faire des erreurs  (à condition qu'elles soient au service de l'expérience !), avoir envie et bien définir l'objectif en prenant du recul (ce que je sais, ce que je dois savoir,....)
Les premiers chapitres sont dédiés à cette démarche, sans bavardage ce qui est très appréciable.

Plus loin, des techniques d'organisation et de mémorisation (mise en condition,...) sont également développées de manière précise, même si, bien entendu, il conviendra de les adapter en fonction de l'objectif et de la matière.

Un outil est particulèrement mis en évidence dans ce livre. Les auteurs l'appellent le conceptogramme. Il s'agit d'une sorte de carte conceptuelle un peu simplifiée. Pourtant, en relisant le livre avec un regard pragmatique en se demandant comment mettre en pratique les conseils prodigués , vous vous apercevrez rapidement que tout est transposable sous forme de Mindmaps :
- définir les objectifs
- intégrer, sur une carte "martyre" toutes les informations du cours, qu'elles proviennent des notes de l'élèves, du manuel scolaire ou d'autres sources complémentaires (internet, CDI,...)
- restructurer en fonction de la valeur de ces informations.
- valoriser les informations (images, couleurs, dessins,...) pour une meilleure mémorisation
- insérer les éléments du cours du jour sur une carte partant sur le chapitre en cours d'apprentissage en classe.
- se définir une démarche pour résoudre un problème.
- ....

A partir de ce livre, vous pouvez créer de nombreuses cartes "méthodes", à adapter certainement en fonction de l'âge de l'élève et du contexte. Je vous invite par exemple à reprendre sous forme de cartes les chapitres II (se donner le désir d'apprendre), IV (Savoir poser et résoudre un problème) et VII (savoir s'organiser). Accrochez les cartes ainsi créées au dessus du bureau de l'élève comme point de repère permanent. Cette méthode, couplée avec les cartes "martyres" citées plus haut permettront de booster la manière d'appréhender les leçons. N'oubliez pas d'associer l'intéressé à cette démarche !

Avec sa centaine de pages, ce livre fournit donc une formidable trousse à outils à structurer selon le besoin de l'élève et son niveau. Si la question de l' "apprentissage de l'apprentissage" se pose aujourd'hui pour vous ou vos enfants, vous ne regretterez pas vos 3€ !


mercredi 25 février 2015

ThinkMapping : le Mind-Mapping en-ligne pour vous accompagner

Depuis quelques mois, un nouveau logiciel de Mind-Mapping en ligne est disponible en accès libre : thinkmapping. Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Derrière ce nom anglophone se cache un logiciel 100% français. Il est l'oeuvre d'une équipe mené entre autres par Nicolas de Kermadec, le cofondateur.
Nicolas de Kermadec n'est pas à son coup d'essai. Il y a quelques années, il proposait déjà sur son site check-lists.org des cartes au format Freemind permettant de mener des réflexions autour de thèmes bien déterminés : soigner ses interventions, planifier, optimiser ses déplacements ou dominer son téléphone.
Thinkmapping reste donc dans cette lignée, mais cette fois-ci, le logiciel est en-ligne et ça change un peu la donne.

un logiciel...


La simplicité de l'interface est poussée à l'extrême. Un bandeau supérieur permet de naviguer entre votre page d'accueil et votre carte. Un discret onglet "+" placé sur la gauche de l'écran permet de découvrir les fonctionnalités intégrées à thinkmapping.


Pour la mise en valeur des informations, seules sont possibles les actions sur le texte (taille et couleur). Il est également possible d'ajouter des "relations", à l'identique d'Xmind ou Freeplane (avec ses "connecteurs"). Des liens hypertextes vers des sites internet peuvent également être ajoutés.
Côté "partage", vous pourrez exporter la carte créée dans différents formats graphiques (dont le SVG, ce qui est plutôt rare) mais également en Freemind. Il sera également possible de partager la carte lisible dans son format originel (et donc sur le web) par tous.
Compte tenu de ses fonctionnalités peu nombreuses comparées à ce qui existe (Mindomo, Mindmeister,....), la prise en main est vraiment très simple et l'interface très fluide.


...mais pour quoi faire ?!


Légitimement, on peut se poser la question de la cible visée. Compte tenu des éléments développés précédemment, thinkmapping s'adresse d'abord à des utilisateurs qui ne souhaitent pas forcément perdre de temps à apprendre à utiliser un logiciel complexe. Thinkmapping est en premier lieu un outil permettant d'utiliser efficacement la pléthore de modèles proposés sur le site. Ces modèle embrassent tous les domaines : recherche d'emploi (faire son bilan professionnel, préparer un entretien d'embauche,...), management (prise de décision,...), gestion de carrière,...


Des dizaines de modèles sont disponibles. Il suffit d'en sélectionner un pour le retrouver immédiatement dans votre interface thinkmapping et commencer à travailler. Il s'agit bien de modèles, c'est à dire des cartes comportant peu de branches, et non de cartes "prêt-à-digérer" et déjà complétées. Ce sont des coquilles vides qu'il vous appartient de remplir, avec vos informations. La nuance est évidemment importantes, créer des cartes étant un travail avant tout personnel. L'avantage de ce système est de vous guider dans la réflexion. Cela vous évite donc de perdre du temps sur des éléments a priori futiles pour le domaine de réflexion et, surtout, de vous concentrer sur les éléments importants.

Vous l'aurez compris, thinkmapping n'est pas exclusivement un logiciel. Cet outil est une composante d'un ensemble plus important portant sur la réflexion autour de thèmes variés, mais liés à l'activité professionnelle. Il est le meilleur vecteur de valorisation de vos informations. Sa simplicité vous permettra de vous focaliser sur l'essentiel et son utilisation n'est pas limité au domaine professionnel, bien évidemment.

mercredi 11 février 2015

Manager avec le Concept Mapping

Si la littérature francophone concernant le Mind-Mapping ne fait pas défaut, celle traitant du Concept Mapping (ou Cartes Conceptuelles) est déjà beaucoup plus rare. A ce titre, le nouveau livre de Pierre Mongin, Manager avec le Concept Mapping (éditions DUNOD) est le bienvenu !

En effet, il n'est pas rare de constater parfois certaines confusions entre les deux modes de représentation de l'information. D'ailleurs Pierre Mongin y consacre quelques pages. Si la Carte Heuristique part d'un coeur pour s'étendre sous forme de branches, la carte conceptuelle part d'un sujet relié à d'autres sujets par des étiquettes. Ce sujets peuvent être interconnectés, contrairement au Mind-Mapping (même s'il est possible d'ajouter des "connecteurs" (Freeplane), "relations" (Xmind). Dans une MindMap, la relation est "supposée" par le lien entre une branche mère et ses branches filles. La carte peut, de ce fait, ne pas être comprise par celui qui ne l'a pas créée ou, pire, mal interprétée. Il s'agit donc d'un outil très personnel. La Carte Conceptuelle est beaucoup moins sujette à interprétation et peut être plus facilement partagée puisque les relations sont libellées. Selon l'objectif (créer de l'information, organiser, comprendre, mémoriser,...) on pourra utiliser l'un ou l'autre, chacun ayant ses propres avantages. Petite anecdote : Buzan (pour le Mind-Mapping) et Novak (pour les Cartes Conceptuelles) ont mis au point leurs outils à peu près à la même époque !

Avant d'attaquer le fond, voyons la forme. Le livre est entièrement en couleur de la première à la dernière page. Pour un livre traitant d'un outil de Pensée Visuelle, c'est presque indispensable...mais malheureusement trop rare. Outre les couleurs, le format "paysage" est particulièrement bien adapté. Les éditeurs ont peut-être (enfin) compris  que cela ne relevait pas d'un simple caprice mais présentait un réel intérêt !

Sur le fond, Pierre Mongin aborde très largement l'utilisation poussée de CMapTools, outil relativement ancien, mais mis à jour régulièrement et donc puissant, complet... et gratuit ! Très peu de choses vous échapperont sur le fonctionnement de ce logiciel.
Au delà de quelques points théoriques indispensables, l'exploitation du logiciel est menée en parallèle à des cas concrets d'utilisation des Cartes Conceptuelles : synthèses, animations de réunion, processus, bases de connaissance,...
Voici donc un vrai nouveau livre sur une discipline peu ou mal exploitée du domaine de la Pensée Visuelle. A lire donc de toute urgence si vous constatez, parfois, que le Mind-Mapping n'est pas toujours l'outil idéal pour traiter certains types d'informations.




mardi 10 février 2015

Framindmap : le logiciel de Mind-Mapping Open-Source et collaboratif

Framasoft est la plateforme francophone de logiciels libres par excellence. Connu dans un premier temps grâce à sa FramaKey, clé USB regorgeant de logiciels libres utilisables sur n'importe quel PC, Framasoft propose également des logiciels en-ligne et collaboratifs (Framapad, Framacalc, Framadate,...) proposant des alternatives sérieuses à des Google Docs et autres Doodle.
Concernant le Mind-Mapping, Framasoft à longtemps proposé une version "1" de Framindmap, basé sur le logiciel Mindmaps  d'ailleurs toujours accessible aujourd'hui. Ce logiciel très intuitif (avec un mode de création de branche proche d'iMindMap) étant pourtant limité au niveau des fonctionnalités.
Dans cette version "2" de Framindmap, Framasoft ne propose ni plus ni moins que l'intégration du logiciel en ligne argentin Wisemapping.
Côté fonctionnalités, WiseMapping n'a pas grand chose à envier à d'autres logiciels de Mind-Mapping en-ligne. Les possibilités de mise en forme sont multiples et l'ergonomie plutôt bien pensées. J'ai écrit un article concernant ce logiciel en 2010. Il s'agisait alors d'une version beta, mais globalement on retrouve les mêmes fonctionnalités aujourd'hui.
Pour faire réellement concurrence aux mastodontes du genre (Mindomo et Mindmeister pour ne pas les nommer), des fonctions de gestion de tâches ou d'intégration d'images auraient été les bienvenues. Sans cela, Les domaines d'application restent limités.
Mais parfois, avoir moins de fonctionnalités de ce type permet de gagner en clarté. Il m'est arrivé de former des utilisateurs (étudiants, professionnels,...) à Mindomo par exemple qui, faute de pratique, proposaient un résultat de carte médiocre, les (trop) nombreux éléments qui la composaient étant mal exploités. Le mieux est l'ennemi du bien !


Collaboratif : oui...mais !

Outre le fait d'être un logiciel en-ligne, Wisemapping est également collaboratif. Il est en effet possible d'inviter des utilisateurs sur sa propre carte, en lecture seule ou en modification. C'est sur ce point que Wisemapping montre ses limites. En effet, contrairement à Mindomo ou Mindmeister, les modifications apportées ne sont pas en temps réel. Cela signifie que toutes les modifications que vous faites sur une carte ne sont pas visibles et modifiables par les autres membres tant que la carte n'est pas enregistrée (action qui ne s'exécute pas automatiquement). Cela se traduira donc par une sacrée foire si 5 utilisateurs travaillent en même temps sur la même carte !
Sachant cela, une discipline quasi-militaire est nécessaire pour bien exploiter ce logiciel.
Mais les utilisations possibles sont nombreuses. On peut imaginer un professeur qui confie un sujet à sa classe découpée en sous-groupes, nommant un responsable (celui qui modifiera la carte), les autres apportant les idées (via Skype ou autres). Seuls le professeur et les "chefs de groupe". Pourraient avoir accès en écriture. Bref, comme toujours, c'est dans la préparation qu'on forge le succès.
Framindmap permet également de partager les cartes en les intégrant directement sur un site internet ou un intranet, ce qui n'est pas non plus négligeable.


Pourquoi passer par Framasoft plutôt que par Wisemapping directement ?

D'abord parce qu'on est chauvin ;-) ! Plus sérieusement, Framasoft a su se faire une place, notamment dans le domaine de l'éducation et si cette démarche permet de mieux faire connaitre le Mind-Mapping auprès des habitués des outils Framasoft, on ne peut qu'applaudir.

le petit Plus

Les cartes créées sont bien entendu enregistrées sur un serveur tiers. Toutefois, il est possible d'installer Framindmap sur un réseau local pour une autonomie totale.Pour cela, Framasoft a préparé un tuto très explicite. Même si ce n'est pas à la portée du premier venu, un informaticien un peu calé en Linux doit pouvoir s'en sortir.